Homélie du dimanche 14 juin 2026 : Solennité du Sacré-Coeur de Jésus
« L’IMITATION DU SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS »
Chers frères et sœurs dans le Seigneur,
En ce dimanche, nous sommes invités à la contemplation et à l’imitation du Sacré-Cœur de Jésus. Notre méditation s’articule autour de trois points :
- Le lien entre la vie et le cœur ;
- La conversion du cœur ;
- L’imitation du Sacré-Cœur de Jésus.
I. Le cœur et la vie
Il sied de préciser, dès le départ, qu’il s’agit ici du cœur spirituel et non du cœur biologique. Le cœur est une image anthropologique utilisée pour traduire cet élément majeur de la vie spirituelle de l’être humain.
Les Écritures Saintes mettent en relation la vie et le cœur, considérant ce dernier comme la source du rayonnement de la première. Nos actes, nos paroles et notre comportement viennent de la qualité de nos cœurs :
« Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Du cœur proviennent les pensées mauvaises, le meurtre, l’adultère, l’impureté, le vol, les faux témoignages et les calomnies » (Mt 15, 18-19).
Le Seigneur dit encore :
« L’homme bon dit ce qui est bon à partir du bon fonds qui est en lui, mais l’homme mauvais fait sortir le mal du mauvais fonds qui est en lui. La bouche parle de l’abondance du cœur » (Lc 6, 45).
Ainsi, la vie quotidienne devient la fenêtre de nos cœurs. C’est là que doit se réaliser notre ressemblance à Dieu, dont le cœur est rempli d’amour et qui a aimé l’humanité jusqu’au sacrifice de son Fils unique (cf. Jn 3, 16).
II. La conversion des cœurs
L’appel à la conversion est l’un des messages essentiels que le Christ adresse aux hommes et aux femmes de notre histoire : « Convertissez-vous ».
Les Saintes Écritures suggèrent notamment deux mécanismes de conversion.
Le premier est celui de la recréation. Il consiste à recevoir un cœur nouveau, capable de produire une vie nouvelle dans la relation avec Dieu et avec le prochain :
« Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau. J’enlèverai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36, 26).
Le second est celui de la guérison. Il s’agit de soigner et de guérir un cœur encore bon, mais blessé par les événements de la vie. C’est l’exemple de la guérison du démoniaque dont le cœur était aliéné par le Diable et qui produisait le pire mal (cf. Mc 5, 1-5). C’est également le cas de tant d’enfants de la rue devenus durs parce qu’ils ont été rejetés par les leurs.
Il faut donc guérir les cœurs humains pour les rendre capables d’imiter le Cœur de Dieu.
III. L’imitation du Sacré-Cœur de Jésus
En nous créant à son image, Dieu a mis en nous l’image de son cœur spirituel et y a déposé son souffle, afin que notre vie quotidienne exprime notre ressemblance avec lui. Cette imitation comporte quelques exigences.
La première exigence est que le cœur humain accomplisse les désirs de Dieu à travers les actes et les paroles des humains. C’est ce qui se réalise dans l’Évangile : Jésus éprouve un désir, il a pitié de la foule, mais il choisit ses apôtres et les envoie pour réaliser ce désir (cf. Mt 9, 36 — 10, 8).
Contemplons donc le Sacré-Cœur de Jésus et percevons-y le désir divin que notre vie, avec notre cœur spirituel, est appelée à accomplir.
La deuxième exigence est la fidélité. Que notre cœur spirituel soit le lieu où la Parole de Dieu est gardée en abondance (cf. Col 3, 16 ; Jn 14, 21 ; Ex 19, 5-6). C’est cette fidélité qui crée une relation particulière avec Dieu, comme le rappelle la première lecture :
« Maintenant, si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance, vous serez pour moi un peuple à part parmi tous les peuples » (Ex 19, 5).
La troisième exigence est l’amour radical, c’est-à-dire aimer comme Dieu, même les méchants et les ennemis :
« On donne difficilement sa vie pour quelqu’un de bien ; peut-être en réalité quelqu’un accepterait-il de mourir à la place d’une personne vraiment bonne. Mais voyez comment Dieu démontre l’amour qu’il a pour nous : le Christ est mort pour nous quand nous étions encore pécheurs ! À plus forte raison nous met-il à l’abri de la condamnation quand, par son sang, nous sommes devenus des justes » (Rm 5, 7-9).
Puisse Dieu remplir nos cœurs de ses grâces, afin que nos vies reflètent sa miséricorde pour toute l’humanité.
Amen.
Abbé Georges NJILA, Curé