Homélie du dimanche 21 juin 2026 ; 12ème Dimanche du TO Année A

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« Contre les peurs qui tuent l’humanité en nous »

Chers frères et sœurs dans le Seigneur,

Aujourd’hui, Jésus nous demande de ne pas craindre, de ne pas avoir peur. Il existe différentes sortes de peur. Jésus ne nous parle pas d’une peur qui sauve et qui protège, mais d’une peur qui abîme et qui détruit. En effet, la qualité de ce que nous sommes peut facilement se détériorer sous l’action de certaines peurs. Lorsqu’elles s’insèrent dans nos pensées, dans nos vies et dans nos relations, elles nous contraignent à vivre en dessous de notre humanité et de notre vocation.

La peur peut aussi s’introduire dans nos rapports interpersonnels. Nous en venons alors à percevoir notre prochain comme un danger plutôt que comme une chance. Nous nous méfions de lui, et l’amour comme la charité risquent de disparaître.

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ! » Contre la peur des personnes méchantes, jalouses ou violentes, Jésus nous rappelle qu’il est toujours possible de faire confiance à la justice divine et à la Providence. Dieu seul est juge, et il saura récompenser les siens, à sa manière.

N’acceptons pas que la haine s’invite et envahisse nos cœurs et nos pensées. « Tuer l’âme », c’est étouffer le sens de l’émerveillement, de la gratitude, du respect et du mystère. C’est fausser notre rapport au monde et à la création. La manière dont nous nous positionnons devant Dieu et devant le don de la vie ne doit pas être affectée par la méchanceté à laquelle nous pouvons parfois être confrontés.

Se laisser dominer par des énergies négatives telles que la revanche, la colère, la violence ou la mesquinerie, c’est accepter de vivre en dessous de l’appel à notre vocation humaine.

Contre ce qui tue le corps et la santé, Jésus nous recommande la confiance en soi et le sens de notre valeur personnelle : « Pas un seul de ces moineaux ne tombe sans que votre Père le veuille… Vous valez plus qu’eux… Les cheveux de votre tête sont tous comptés. »

N’acceptons donc pas de nous laisser conduire par les forces destructrices du découragement. N’acceptons pas de nous laisser aveugler par ce qui nous empêche de reconnaître que nous sommes infiniment précieux : précieux pour Dieu, précieux pour la vie, et appelés à en être reconnaissants.

Père Pascal MUHINDO, Vicaire dominical