L’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie Marie : Femme de silence
10 août 2025

L’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie Marie : Femme de silence

Passage: Luc 1: 39-56, Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab, 1 Co 15, 20-27a

L’Assomption est une fête chrétienne qui célèbre la montée de la Vierge Marie au ciel.
Étymologiquement, le terme « assomption » vient du latin « assumere », qui signifie « enlever » ou « prendre avec soi ». Selon la tradition, Marie a été enlevée par Dieu à la fin de sa vie terrestre pour entrer dans la gloire céleste. Cette croyance, bien que non explicitement mentionnée dans les Écritures, remonte aux premiers chrétiens d’Orient et a été célébrée depuis le VIe siècle.
L’Assomption a été proclamée comme dogme de foi par le pape Pie XII en 1950, affirmant que « la Vierge immaculée, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel ». Cette proclamation a été le résultat d’une longue tradition de dévotion envers Marie et d’une demande croissante des fidèles pour que cette croyance soit officiellement reconnue.

Il est important de noter la distinction entre l’Assomption et l’Ascension. L’Assomption concerne Marie, tandis que l’Ascension fait référence à l’élévation de Jésus au ciel, 40 jours après sa résurrection. Alors que l’Assomption est l’initiative de Dieu, l’Ascension est l’action de Jésus lui-même.
L’Eglise enseigne 4 vérités (dogmes) sur la vierge Marie :

  • Marie, Mère de Dieu : Elle est reconnue comme la mère de Jésus-Christ, qui est à la fois vrai Dieu et vrai homme.
  • La virginité perpétuelle de Marie : Marie est considérée comme ayant été vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus.
  • L’Immaculée Conception : Ce dogme affirme que Marie a été conçue sans péché originel.
  • L’Assomption de la Très-Sainte Vierge Marie : Marie a été élevée au ciel, corps et âme, à la fin de sa vie terrestre.

Dans le texte intégral des quatre évangiles, on n’entend parler Marie que dans quatre circonstances :

  • À l’ange tout d’abord (Lc 1, 34), et seulement lorsque celui-ci lui eut adressé la parole par deux fois ;
  • en second lieu à Elizabeth, lorsque la voix de sa salutation fit tressaillir Jean dans le sein maternel, et que, exaltée par sa cousine, elle se préoccupa bien plus d’exalter le Seigneur (Lc 1, 39-55) ;
  • la troisième fois, ce fut à son fils alors âgé de douze ans, pour lui dire que son père et elle l’avaient cherché dans l’angoisse (Lc 2, 48) ; après avoir rapporté les retrouvailles avec Jésus dans le Temple de Jérusalem, saint Luc conclut : «Sa mère gardait toutes ces choses dans son cœur» Lc 2, 51.
  • quatrièmement à Cana, à son Fils et aux serviteurs. Et, en cette occasion, ses paroles furent un témoignage évident de sa bonté innée et de sa virginale délicatesse : faisant sienne la confusion d’autrui (Jn 2, 3).

Marie était une femme de silence. Elle nous apprend donc les bienfaits du silence dans la vie de l’homme. En effet, le silence ne nuit jamais à l’homme. Bien au contraire, il le protège contre lui-même, lui évite l’excès de langage, souvent mortifère, dans les relations humaines et créant plus de divisions que d’union et d’unité. Le silence permet la fusion des cœurs dans une contemplation réciproque ; il évite les collisions et les tensions par un mot superflu et souvent si blessant ; il apaise les esprits toujours prêts à se confronter sur des idées multiples, fruit d’un ego exacerbé et d’une humilité annihilée. Le silence protège aussi le corps qui s’épuise dans des verbiages inutiles, en un mot, le silence nourrit l’esprit, apaise le cœur et fortifie le corps.
Il y a deux sortes de silence. L’un est vide et n’apporte rien à personne. Mais il y a un autre silence qui est la présence la plus riche et la plus pleine qui soit. C’est lorsque les mots non seulement sont inutiles mais empêcherait la véritable communion. C’est lorsque le silence devient cette communion profonde entre deux êtres, où tout est dit sans paroles. Le silence devient alors ce lieu intime où chacun se livre dans un cœur à cœur, un corps à corps, plénitude d’échange et de vie. C’est le silence de Marie, c’est le silence de tous les contemplatifs. Mais n’est-ce pas aussi le silence de Dieu, Dieu contemplant l’homme que je suis et se donnant tout entier sans avoir besoin de paroles. Ou plutôt comme le suggère l’hymne cité tout à l’heure, c’est la Parole qui devient silence : «Et la Parole s’est faite chair» dans le silence de l’enfant que porte Marie. Entrer dans ce silence est un acte de foi prodigieusement efficace puisqu’il nous unit à Dieu lui-même, qu’il ouvre notre vie sur l’infini de Dieu, qu’il nous donne déjà, dans l’humilité d’un accueil à l’image de celui de Marie, de vivre, mais derrière un voile, l’intimité même de Dieu.
Alors entrons en silence dans le silence de Dieu et partageons la joie qui est la sienne dans l’union qu’il construit avec chacun de nous.

Bienheureux ceux qui savent contempler, admirer et se nourrir du silence, parce qu’ils puisent dans l’absence du bruit et de l’agitation, toute la richesse du cœur à cœur avec ce Dieu qui vient se révéler à l’homme qui sait le contempler dans son mystère et l’intensité de son amour.

Père Pascal-Christian MUHINDO, OSC

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