Homélie du dimanche 07 juin 2026 : Solennité du Saint Sacrement.
Jésus, le Pain de Vie
Chers frères et sœurs dans le Seigneur,
Aujourd’hui, l’Église célèbre la solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, appelée aussi Corpus Domini ou Fête-Dieu. Sur le plan historique, cette fête fut instituée par le Pape Urbain IV, puis confirmée par le Pape Clément V en 1314.
Sur le plan liturgique, cette solennité fait partie des grandes fêtes des mystères divins célébrées après la Pentecôte. Elles commencent avec la fête de la Sainte Trinité et se poursuivent avec celle du Saint-Sacrement, avant de s’achever avec la solennité du Sacré-Cœur de Jésus.
Autrefois appelée Fête-Dieu, cette célébration est aujourd’hui connue comme la fête du Très Saint-Sacrement. Comme hier, l’Église invite encore les fidèles, à la fin de la messe, à organiser, lorsque cela est possible, une procession et une adoration eucharistiques, afin de manifester publiquement leur foi au Christ, Pain de Vie, réellement présent dans l’Eucharistie.
Les textes liturgiques de ce dimanche sont donc centrés sur l’Eucharistie comme sacrement, c’est-à-dire comme signe qui rend le Christ présent et qui Le révèle. Ils expliquent le symbolisme du pain et du vin sur le plan humain, pour montrer ensuite ce que ces deux matières disent du don du Christ dans l’Eucharistie.
Dans la première lecture tirée du livre du Deutéronome, l’écrivain sacré rappelle qu’autrefois Dieu a donné la manne à son peuple affamé. Cette nourriture, bien qu’exceptionnelle, n’a pas empêché de mourir ceux qui s’en sont nourris. Dans son contexte immédiat, ce passage rappelle au peuple hébreu, vivant dans l’abondance, l’épreuve du désert où il fit l’expérience de la faim et du don d’une nourriture venue de Dieu. Cette manne, donnée comme signe de l’amour divin, préfigurait déjà le repas eucharistique.
Dans la deuxième lecture, saint Paul dévoile le sens profond de l’Eucharistie. En buvant à la coupe d’action de grâce, nous entrons en communion avec le Corps du Christ. En participant au Corps du Christ, nous devenons un seul corps : l’Église. Saint Paul affirme à ce sujet : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps. »
Il souligne ainsi le réalisme de la présence du Christ dans le pain eucharistique. Il n’y a donc aucun doute que, lorsque nous communions au repas eucharistique, nous recevons réellement le Corps et le Sang du Christ. Nous communions à sa vie divine, et notre vie devient ainsi toute autre.
Dans l’Évangile, saint Jean parle explicitement de l’Eucharistie. Les verbes « manger » et « boire » doivent être compris dans un sens réaliste. Au temps de Jésus, le pain et le vin étaient constamment présents sur la table et considérés comme des aliments indispensables. Le pain comble la faim de chaque jour ; le vin étanche la soif et donne vigueur. Pour demeurer en vie, l’homme doit nécessairement manger et boire.
En nous donnant son Corps et son Sang dans l’Eucharistie, Jésus savait que notre faim et notre soif ne sont pas seulement physiques ou matérielles. Nous avons faim de Dieu, faim d’absolu, et soif de son infini. Jésus vient répondre à ces faims et à ces soifs profondes qui habitent le cœur de toute personne.
Il est réellement présent dans le pain et le vin eucharistiques que nous recevons au cours de la sainte messe. Dans l’Eucharistie, nous recevons Jésus Lui-même, qui nous introduit dans son éternité.
Oui, il est grand le mystère de la foi. Amen.
Abbé Claude NGOMA
Vicaire