Homélie du dimanche du 04 Octobre 2026, 27ème Dimanche du Temps Ordinaire — Année A

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« Servir Dieu dans la fidélité »

LITURGIE DE LA PAROLE :

  1. PREMIÈRE LECTURE : « La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 1-7).
  2. PSAUME : (Ps 79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20).
  3. R/ La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. (cf. Is 5, 7a).
  4. DEUXIÈME LECTURE : « Mettez cela en pratique, et le Dieu de la paix sera avec vous » (Ph 4, 6-9).
  5. ÉVANGILE : « Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43).

Alléluia. Alléluia. C’est moi qui vous ai choisis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, dit le Seigneur. Alléluia. (cf. Jn 15, 16).

MÉDITATION :

Chères Sœurs, Chers Frères dans le Seigneur,

La liturgie de la Parole de ce jour attire notre attention sur quelques qualités dans notre relation avec Dieu. Nous sommes tous et toutes appelés à ne pas décevoir Dieu, mais à remplir son cœur de joie. Trois idées structureront cette méditation : notre statut, ce que Dieu attend de nous, et les vertus du serviteur.

  1. Notre statut. La première lecture et l’évangile utilisent des images pour signifier la valeur que les êtres humains ont dans le cœur de Dieu : Maison d’Israël, Vigne, Serviteurs, etc. Mais c’est surtout celle de la Vigne qui est au centre. La vigne peut symboliser : 1° la richesse d’une personne (exemple, la vigne de Naboth en 1 R 21) ; 2° ce que l’on a chèrement acquis et pour lequel on investit en vue de résultats abondants. C’est ce que dit la première lecture : « Il a travaillé la terre, enlevé les pierres, il y a planté du raisin de choix, il a construit une tour et creusé une cuve. Il en attendait de bons raisins » (Is 5, 2) ; 3° ce qui a du prix : « Tu comptes tellement à mes yeux que je te rachète avec des vies humaines ; pour toi je donnerai des peuples, parce que tu vaux pour moi et que je t’aime » (Is 43, 4). La même idée revient dans l’évangile (cf. Mt 21, 33). D’où la qualité de son travail et de sa responsabilité. Le Peuple de Dieu est le résultat de l’œuvre accomplie par Dieu en Jésus-Christ. La Vigne, c’est le Peuple : il l’a créé à son image et l’a acquis au prix du sang de son Fils. Dieu a entouré son Peuple de beaucoup d’affection, de soin et d’amour. Cette vigne, c’est chacun et chacune de nous aujourd’hui. Nous avons de la valeur aux yeux de Dieu, et l’amour de Dieu en nous ne peut rester infécond. Dans la première lecture, il est dit : « il en attendait de bons raisins ».
  2. Ce que Dieu attend de son Peuple. C’est la fécondité et la redevabilité. D’abord, c’est la fécondité. La notion de fécondité accompagne souvent celle de don divin. La parabole des talents en dit long : quand Dieu accorde ses grâces, il attend que les bénéficiaires puissent les fructifier. Ce qui exige l’implication active de ses serviteurs, de ses collaborateurs (personnes de confiance sur qui Dieu compte). Saint Paul dit, à cet effet : « Mais par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis, et sa grâce avec moi n’a pas été perdue. Oui, j’ai travaillé plus que tous les autres, non pas moi, mais la grâce de Dieu en moi » (1 Co 15, 10). Et le sort de l’infécondité ou des mauvais résultats est toujours pitoyable : la déchéance, la fragilisation, l’humiliation, voire la destruction (cf. Is 5, 5-6 ; Mt 21, 40-41). Ensuite, c’est la redevabilité. Le serviteur qui a reçu de précieuses grâces de la part de Dieu doit savoir rendre. C’est ce que le Maître de la vigne a exigé de ses vignerons. Malheureusement, c’est le contraire qui s’est produit : ils ont préféré en devenir propriétaires. Dieu demande à chacun et chacune de nous de lui présenter les bons fruits des dons et talents qu’il nous a donnés à l’occasion de notre baptême. Nous le décevrons si nous lui présentons d’autres fruits que ceux escomptés, et nous perdons alors la conscience d’être serviteurs pour nous ériger en maîtres de ces mêmes dons et talents. Pour cela, le serviteur doit vivre dans la fidélité à Dieu : « Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître. » Être fidèle, c’est s’attacher à la volonté du Maître jusqu’à la fin, sans vouloir la soumettre à sa propre volonté.

III. Vertus du serviteur. L’évangile montre que les vignerons homicides ont commis des meurtres parce que poussés par leur avarice et leur égoïsme. Ils voulaient s’autosuffire, non seulement sans Dieu, mais en ravissant à Dieu ce qui lui appartient. Saint Paul, dans la deuxième lecture, recommande quelques vertus pour construire la fidélité des serviteurs et les conduire à la fécondité. L’élément essentiel consiste à se décentrer pour placer Dieu et sa volonté au centre de sa vie et de son service. En voici quelques-unes : 1° la totale confiance en Dieu, source du bien-être du serviteur : « Que rien ne vous tienne préoccupés ; exposez plutôt vos demandes à Dieu à tout moment dans la prière » (Ph 4, 6). Le serviteur vit et s’affermit par les moyens que lui donne son Maître, et non grâce à ses seuls efforts personnels. Seuls les serviteurs qui ont confiance en Dieu peuvent lui être fidèles ; saint Jean dit que de tels serviteurs recevront la couronne de gloire (cf. Ap 2, 10). 2° Les vertus morales : « Arrêtez-vous à tout ce qui est vrai, ce qui est saint, ce qui est juste, ce qui est pur, ce qui est fraternel, ce qui est noble, et à toutes les valeurs morales qu’on peut admirer » (Ph 4, 8). En d’autres termes, la fidélité du serviteur doit se manifester par un témoignage de vie digne.

En ce mois du Saint Rosaire, que l’intercession de la Vierge Marie nous obtienne la grâce d’être des serviteurs de Dieu caractérisés par l’humilité, la liberté, la fécondité et la fidélité. Que nous imitions la fidélité du Christ et l’humilité de la Vierge Marie, et non le courage de Prométhée. Amen.

Abbé Georges NJILA, Curé

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