Homélie du dimanche du 11 Octobre 2026, 28ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année A

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Octobre : mois de la mission universelle de l’Église

« Au sujet du Royaume des cieux, comparé à un festin de noces »

LITURGIE DE LA PAROLE :

  1. PREMIÈRE LECTURE : « Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 6-10a).
  2. PSAUME : (Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6).
  3. R/ J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. (cf. Ps 22, 6).
  4. DEUXIÈME LECTURE : « Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 12-14.19-20).
  5. ÉVANGILE : « Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14).

Alléluia. Alléluia. Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel. Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18).

MÉDITATION :

Chers frères et sœurs,

La parabole que donne Jésus dans l’évangile de ce jour fait écho à sa controverse avec les pharisiens, qui contestent farouchement son autorité (cf. Mt 21, 23-27). Jésus signifie clairement aux pharisiens et aux scribes, comparés aux premiers invités qui ont décliné l’offre du roi dans la parabole, que leur indifférence à l’appel de Dieu, leur hostilité envers ses envoyés et maintenant envers lui, l’unique Fils de Dieu, les exclura sans doute du festin des derniers jours. Le prophète Isaïe en décrit l’image dans la première lecture comme un grand jour d’espérance, de bonheur et de joie, où Dieu lui-même interviendra à la fin de l’histoire pour combler définitivement la faim et la soif de tous les hommes, en détruisant pour toujours la mort, en mettant fin à l’humiliation et en essuyant les larmes sur le visage de son peuple (Is 25, 6-8).

En fait, Jésus, dans cette parabole, est en train d’avertir les chefs du peuple — les pharisiens et les scribes — en leur montrant que leur statut de peuple élu, de privilégiés de Dieu (cf. Ex 4, 22), ne constitue en rien pour eux une garantie d’avance pour participer au banquet divin. Aussi longtemps qu’ils ne se convertissent pas et refusent de l’accueillir et de le reconnaître comme le Messie envoyé par Dieu, l’entrée dans le Royaume des cieux leur sera impossible. En effet, « le Royaume de Dieu [leur] sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit » (Mt 21, 43), c’est-à-dire aux païens et aux pécheurs, qui constitueront la nouvelle génération de l’Église.

Sans doute, Dieu nous a comblés, par notre baptême, de beaucoup de privilèges. Nous portons dans le Christ ces noms nouveaux et de gloire : « chrétien », « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple choisi » (cf. 1 P 2, 9). Aussi, Dieu a fait de nous, par le Christ, ses fils adoptifs (cf. Ep 1, 5), les héritiers de la même promesse faite à Abraham (cf. Ga 3, 29), en nous révélant ainsi, dans son Fils, sa volonté suprême, qui est de nous faire participer un jour au banquet éternel dans son Royaume.

Oui, frères et sœurs, le souhait ultime de Dieu est que nous soyons comptés demain au nombre de ses élus. Mais cela ne va pas sans un engagement personnel sérieux. Car on peut bien avoir le privilège de Dieu, parce qu’on a été appelé, choisi par Jésus et même baptisé, mais être exclu du Royaume parce que nos œuvres n’étaient pas dignes et conformes à la volonté divine. Autrement dit, ce qui compte pour Jésus, ce n’est pas le fait qu’on soit choisi ou appelé, mais la qualité de notre vie, de notre engagement dans la mise en pratique de la foi et de la volonté de Dieu dans les situations concrètes et ordinaires de notre existence. C’est donc la vie baptismale vécue dans la fidélité aux commandements de Dieu qui nous garantit le Royaume, et non le certificat de baptême ou le fait de venir à la messe chaque jour.

Frères et sœurs, en ce dimanche, Jésus nous apprend que c’est par pure grâce que Dieu nous invite à sa table et nous dispose le Royaume, mais que ce qu’il attend de chacun est une réponse qui exige à la fois un engagement sincère, une conversion active et une transformation continue de vie. Ainsi, bien-aimés, prenons au sérieux l’invitation de Dieu aujourd’hui encore ; n’ayons pas peur de nous ouvrir à lui. Car l’ouverture à Dieu n’appauvrit pas et n’est pas non plus une perte de soi (cf. MH) ; elle est plutôt une garantie indéfectible, puisque Dieu est, pour tous ceux qui acceptent de se conformer à lui, le Présent, l’Avenir, le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6). Accueillons sincèrement Jésus dans notre vie ; laissons-le toucher toutes les parties de notre existence, les bonnes comme les sombres, afin de nous rendre dignes de lui et du Royaume des cieux ; écoutons sa voix, car lui seul nous mènera vers les eaux tranquilles, nous fera revivre, nous conduira par les justes chemins jusqu’à la gloire du ciel (cf. Ps 22, 2).

Puisse la Bienheureuse Vierge Marie soutenir notre foi au Christ pour qu’elle demeure toujours active et actuelle, et nous obtenir toutes les grâces dont nous avons réellement besoin pour que, comme elle, nous soyons un jour comptés au nombre des élus. Amen.

Abbé Matthieu MBO

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