Liturgie de la Parole du dimanche 03 août 2025 : 18ème Dimanche du Temps Ordinaire Année C

Spread the love

« Être riche, pourquoi pas ? Mais, en vue de Dieu»

1.  liturgie de la parole :

  1. Première lecture : « Que reste-t-il à l’homme de toute sa peine ? » (Qo 1, 2 ; 2, 21-23)
  2. Psaume : (Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)

R/ D’âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)

  1. Deuxième lecture : Recherchez les réalités d’en haut ; c’est là qu’est le Christ » (Col 3, 1-5.9-11)
  2. Évangile : « Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » (Lc 12, 13-21)

Alléluia. Alléluia. Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ! Alléluia. (Mt 5, 3).

2.       MEDITATION

Frères et sœurs bien aimés,

Être riche, ce n’est pas un péché. Le chrétien n’est pas condamné à vivre dans la précarité et la misère. Au contraire, dès la création, le Seigneur a appelé l’homme et la femme à déployer toutes leurs potentialités pour développer leur milieu de vie, afin d’y vivre heureux (Gn 1, 28 : « Dieu les bénit et leur dit : Développez-vous »). La gloire de Dieu, c’est l’homme debout, disait encore st Iréné de Lyon. Seulement, cette richesse n’est pas simplement abondance des biens périssables, mais aussi acquisition des bien spirituels, des « réalités d’en haut » (Col 3, 2), c’est-à-dire des principes issus de la Parole de Dieu qui rendent possible la bonne gestion des biens et des personnes dans notre monde. Il s’agit notamment d’être libre devant certaines réalités qui peuvent être source d’idolâtrie, donc d’aliénation :  l’argent, le pouvoir, le souci de paraître, etc. L’apôtre Paul est encore plus concret quand il est question de nommer ces choses mortifères qui appartiennent à la terre : débauche, impureté, passions, mauvais désirs, soif de posséder et mensonge (Col 3, 5).

Le Seigneur est très précis dans son enseignement : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu » (Lc 12, 21). Le problème n’est donc pas dans le fait d’amasser des biens ; il se situe plutôt à un autre niveau : pour quelles fins recherchons-nous ces biens ? Serait-ce pour la gloire de Dieu et le service de la charité, ou au contraire uniquement pour notre propre jouissance égoïste ? Lorsque nous peinons et nous-nous tourmentons pour rechercher uniquement une sécurité égocentrée, en dehors de Dieu et des autres, alors la remarque de l’Ecclésiaste devient pertinente. Mais, si nous-nous ouvrons à la logique paradoxale de la gratuité de l’amour qui est don de soi à Dieu et au prochain, alors oui, vanité des vanités, tout est vanité (Qo 1, 2), mais sauf l’amour de Dieu.

Dans cette dynamique de l’amour, il n’y a plus d/e regret ou de soucis quand il s’agit de laisser son bien à quelqu’un d’autre qui ne s’est donné aucune peine. Cela est un scandale bien sûr, mais le scandale de l’amour inconditionnel de Dieu. Car le premier qui a donné, laissé son Bien à ceux qui ne le méritaient pas, c’est Dieu Lui-même. Il nous a donné son Fils unique et son Esprit Saint. Et Christ nous a donné sa vie en mourant sur une croix alors que nous étions encore pécheurs. Ainsi, la logique de l’amour gratuit transforme ce qui paraît n’être que vanité en quelque chose de vertueux : la vie, celle qui reste cachée avec le Christ en Dieu. Car, c’est Christ qui est notre vie. Cette vie n’est pas le résultat des sécurités éphémères que procurent les richesses du monde, mais un don gratuit de Dieu à ceux qui mettent leur foi en lui.

Par conséquent, être avisé, réussir, s’y connaître, c’est apprendre à tout orienter (richesses, savoirs, pouvoir…) dans la direction de cet amour gratuit de Dieu. Voilà la sagesse à acquérir pour ne pas être scandalisé ou traumatisé par la vanité des réalités terrestres. Le psalmiste décrit avec harmonie cette sagesse que saint Paul appelle « vrai connaissance », qui contraste avec la folie de l’homme riche de l’Evangile, ne sachant pas où mettre sa récolte : « Apprends-nous à bien compter nos jours pour que nos cœurs découvrent la sagesse […] Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants […] Rends fructueux le travail de nos mains » (Ps 89).  Amen.

Abbé Péguy LUMUENE, Vicaire dominical