Homélie du 07 Août 2022 : 19ème Dimanche du TO/C

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« ATTENTE ET SERVICE»

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Dans le récit évangélique de ce dimanche, Jésus nous dit qu’il en est de même dans notre vie de foi : Soyez comme des gens qui attendent… Tenez-vous prêts… Restez en tenue de service… Gardez vos lampes allumées… Heureux, les serviteurs que le maître trouvera en train de veiller. Jésus s’entretenait alors avec ses disciples, ces gens (hommes et femmes) qui lui étaient proches et dont il voulait marquer la vie profondément. Il savait que c’étaient les dernières conversations qu’il aurait avec eux et voulait les préparer à la situation qui serait la leur après l’événement de Pâques.

En lisant ce passage, le Saint-Esprit a éveillé mon attention sur deux choses : le fait de rester en tenue de service et de garder les lampes allumées pour ouvrir la porte au maître dès qu’il sera de retour des noces.  La tenue de service fait ici référence au travail que Dieu vous a demandé de faire, votre appel. La lampe qui doit rester allumée symbolise le Saint-Esprit qui doit être toujours en éveil et réceptif à la voix de Dieu pour être prêt pour son retour.

Le Seigneur invite ses disciples à vivre dans l’attente-espérance, mais une attente qui ne doit pas se passer à ne rien faire. Saint Paul le rappelait aux chrétiens du premier siècle. Certains pensaient que le Christ allait revenir alors qu’ils étaient encore vivants et, à cause de cela, restaient là à ne rien faire. Pour Jésus l’attente doit se vivre dans le service, ces deux mots ne doivent jamais être séparés dans la vie de ses disciples. Il insiste là-dessus, attente et service. Mais il ne faut pas se tromper sur ce que Jésus entend par service. Il faut lire correctement les paroles de Jésus de ce dimanche. Il y a un mot qui revient à plusieurs reprises dans la bouche de Jésus dans cette seule page d’Évangile, c’est le mot maître, un maître qui vient, souvent sans s’annoncer, et c’est à son service que nous devons nous mettre : nous mettre au service du maitre. Jésus nous demande d’être attentifs, disponibles à la venue de quelqu’un et ce quelqu’un, il est évident que c’est Dieu lui-même. La pensée de Jésus semble assez claire : il est évident qu’il nous invite à tourner notre esprit et notre cœur vers cette rencontre de Dieu que nous ferons à la fin de notre vie. L’Évangile toutefois ne nous invite pas à toujours penser à ce moment, à toujours vivre dans l’attente d’un futur imprévisible. Non, l’Évangile nous ramène toujours au moment présent de notre vie, et donc à une rencontre du Maître que nous avons à vivre chaque jour. Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir, de faire son travail. Il y a dans ces paroles un avertissement qui nous concerne tous en tant que serviteurs attendant le Maître, le Seigneur.

Frères et sœurs, c’est ce que Jésus explique dans ses paraboles sur les serviteurs avisés (Lc 12,35-40) et celle de l’intendant fidèle et prudent (Lc 12,42-48). Le mot ‘serviteur’ (doulos, en grec) ainsi que le mot ‘intendant’ (oikonomos), sont des termes qui désignent, dans l’Église primitive, ceux qui sont spécialement tenus de veiller sur les autres frères dans la foi. Aussi, par exemple, saint Paul qui se présente comme ‘Paul, serviteur de Jésus-Christ’ au début de sa lettre aux Romains (Rm 1,1) aimerait que les fidèles le considèrent ‘intendant des mystères de Dieu’ (1 Co 4,1), et, à la suite de ce que Jésus avait enseigné dans cette parabole, il précise que ce « que l’on attend des intendants c’est qu’ils soient fidèles » (1Co 4,2), fidèles dans la foi. C’est de cette foi qu’il s’agit dans notre deuxième lecture. L’écrivain sacré fait l’éloge de la foi depuis Abraham jusqu’aujourd’hui.

Ce passage de la lettre aux hébreux est très beau. On y parle de la foi et les grandes figures bibliques qui l’ont vécue sont mises en lumière, devenant un modèle pour tous les croyants. Dans le premier verset, le texte dit : « La foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (11, 1). Les yeux de la foi sont donc capables de voir l’invisible et le cœur du croyant peut espérer au-delà de toute espérance, précisément comme Abraham, dont Paul dit dans la Lettre aux Romains qu’« espérant contre toute espérance, il a cru » (4, 18). Et c’est précisément sur Abraham que je voudrais m’arrêter et arrêter notre attention, car c’est lui qui est la première grande figure de référence pour parler de foi en Dieu : Abraham le grand patriarche, modèle exemplaire, père de tous les croyants (Rm 4, 11-12). La Lettre aux Hébreux le présente ainsi : « Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu: il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait » (11, 8-10). Comment aurions-nous répondu, nous, à une semblable invitation ? Il s’agit en effet d’un départ à l’aveugle, sans savoir où Dieu le conduira ; c’est un chemin qui demande une obéissance et une confiance radicales, auxquelles seule la foi permet d’accéder.

Le don de la foi est la plus belle demande qu’une personne puisse faire, car la foi illumine toute notre existence et lui donne une direction assurée. La foi, c’est accepter de se laisser aimer par Dieu, c’est remettre entre ses mains chacune des journées de nos vies, c’est lui confier nos espoirs, nos peines et nos joies. Il y a dans la foi en Dieu une dimension de confiance absolue. Et si quelqu’un veut vraiment croire en Dieu, il doit lui faire confiance, le prier, et lui demander cette foi. La quémander !

Que nous accompagne et nous soutienne la Bienheureuse vierge Marie Notre Dame de la Sagesse, dans notre attente en demeurant fidèles au service du Maître (le Seigneur).

Père Pascal MUHINDO